<retour-boudhatour>


37 Ainsi, je m'adresse à vous, brahmanes, passeurs adeptes d'autres traditions :" Ne soyez pas infatués !" Prenons un exemple : un oiseau qui n'a pas encore formé ses plumes et ses ailes ne peut s'envoler dans le ciel, tout comme on ne peut pas accéder au nirvana tant que l'on n'a pas acquis ce pouvoir surnaturel. Pourquoi cela ? En raison d'un karma particulier qui l'a fait renaître comme volatile, ce corps dépérira en un rien de temps et cessera. Au moment de la mort, après avoir perdu toute sensation gustative, en proie à la terreur, cette pensée survient : " Pourquoi avons-nous chéri ce corps ? Nous n'avons connu ni le bonheur des dieux ni celui du monde humain et nous ne demeurerons pas non plus dans le nirvana. Nous qui avons vainement chéri ce corps, quelle destinée allons nous suivre ? Quel sera notre soutien ? Quel sera notre lieu de naissance et celui de notre cessation ?" Le Vainqueur Transcendant s'adressa alors aux brahmanes, passeurs adeptes d'autres traditions, religieux errants et ascètes qui vont nu : - Ne perdez pas espoir en la précieuse Terre, Ne vous excluez pas de la Doctrine, ce joyau rare et précieux. Mes amis, interrogez Celui-ainsi-allé tout à loisir et j'exaucerai pleinement vos souhaits. Alors, brahmanes, passeurs adeptes d'autres traditions, religieux errants et ascètes qui vont nu se levèrent de leur siège, se couvrirent l'épaule de leur châle et, gardant les mains jointes, demandèrent au Vainqueur Transcendant : - Jour et nuit, ceux-ainsi-allés libèrent de nombreux êtres du samsara, pourtant le monde des êtres ni ne diminue ni ne se remplit. Vainqueur Transcendant, par quelle cause, pour quelle raison, les êtres semblent-ils naître et cesser tout en restant égaux ? Le Vainqueur Transcendant s'adressa alors au bodhisattva Bhaishajya-séna : - Afin de dissiper un grand regret et d'allumer le flambeau de la Doctrine, les passeurs revêtent une grande armure et posent de nombreuses questions. Au futur, les êtres, jeunes et vieux, comprendront la naissance et la destruction. Bhaishajya-séna, certaines personnes âgées sont comme des jeunes et ne savent rien. Bhaishajya-séna, prenons l'exemple d'un homme qui se laverait les cheveux, enfilerait de nouveaux vêtements et sortirait de chez lui. Certains lui diraient : " Tes nouveaux habits sont beaux !" Mais, si un autre homme se lavait les cheveux et nettoyait ses vieux vêtements, même s'il s'est lavé les cheveux, puisque ses habits sont vieux, il ne paraîtrait pas beau. Bhaishajya-séna, tout comme les vieux vêtements, les personnes âgées de la Terre ne sont pas belles et les jeunes manifestent la naissance et la cessation. Brahmanes, passeurs adeptes d'autres traditions et tous les ascètes errants se levèrent de leur siège et s'adressèrent au Vainqueur Transcendant : 38 - Vainqueur Transcendant, lesquels d'entre nous sont jeunes ? Lesquels d'entre nous sont vieux ? - Puisque vous avez, à plusieurs reprises, connu les sensations des damnés des enfers, des animaux et des esprits avides, et n'êtes toujours pas satisfaits, vous êtes vieux. Tous les brahmanes et les rois esprits serpents se levèrent alors de leur siège et dirent au Vainqueur Transcendant : - Nous n'avons plus aucun plaisir à endurer les pénibles souffrances du samsara. Les passeurs adeptes d'autres traditions, religieux errants et ascètes qui vont nu ajoutèrent : - Néanmoins, aucun parmi les jeunes ne peut réaliser la vacuité directement. Le bodhisattva, le grand être Bhaishajya-séna, dit alors au Vainqueur Transcendant : - Vainqueur Transcendant, voyez combien il est difficile de susciter la motivation des êtres. - Bhaishajya-séna, écoute ! Celui-ainsi-allé appréhende directement le monde entier. Quatre-vingt-quatorze millions de jeunes se tenaient devant Celui-ainsiallé. Aucun ne le saluait, ni ne lui adressait la moindre parole. Alors le bodhisattva, le grand être Bhaishajya-séna, dit au Vainqueur Transcendant : - Vainqueur Transcendant, ces êtres ne disent aucun mot au Vainqueur Transcendant. Aucun ne parle. Aucun ne se prosterne Transcendant. Pourquoi ne questionnent-ils pas le Vainqueur Transcendant ? Quelle en est la cause ? - Bhaishajya-séna, écoute ! Il te faut voir que ces êtres qui disent que les jeunes ne peuvent réaliser directement la vacuité sont de jeunes êtres. Ces êtres dirent alors : - Vénérable Vainqueur Transcendant, nous sommes de jeunes êtres. Vénérable Bienheureux, nous sommes de jeunes êtres. - Ces êtres appréhendent le monde directement, dit le Vainqueur Transcendant, mais, maintenant, montre-leur l'étendue du monde en déployant tes corps.


Sans quitter leur corps, quatre-vingt-quatorze milliards de jeunes s'élevèrent alors dans l'espace et s'établirent dans les dix terres. Et le bodhisattva, le grand être Bhaishajya-séna, de dire au Vainqueur Transcendant : - De tels êtres qui s'efforcent de faire totalement cesser et parfaitement purifier le cycle des existences ont bien accompli leur tâche. Vainqueur Transcendant, ces êtres sont nés ce jour même et, Vainqueur Transcendant, on vit qu'ils furent tous libérés et s'établirent dans les dix terres, ce jour même. 39 Brahmanes, passeurs adeptes d'autres traditions, religieux errants, ascètes qui vont nu, rois esprits serpents, Mara le malveillant et sa suite, venus avec l'intention de tromper, dirent au Vainqueur Transcendant : - Vainqueur Transcendant, nous sommes venus ici en présence de Celuiainsi- allé et, après avoir entendu cette expression de la Doctrine, nous désirons obtenir le même bonheur d'éveillé que celui du Vainqueur Transcendant. Puissions-nous être identiques aux ainsi-allés, destructeurs-de-l'ennemi, éveillés pleinement accomplis qu'il y a dans le monde. - Qu'il en soit ainsi, Messieurs, répondit le Vainqueur Transcendant. Quelle que soit la manière dont vous êtes venus ici, en présence de Celui-ainsiallé, puisque vous avez entendu le Sanghata soutra, expression de la Doctrine, vous avez développé l'esprit d'éveil insurpassable et parfaitement accompli. Par cette racine de bien, vous serez bientôt établi dans l'éveil insurpassable et parfaitement accompli. Dès que le Vainqueur Transcendant eut prononcé ces mots, tous ces passeurs adeptes d'autres traditions obtinrent aussitôt l'état de tolérance envers les phénomènes non produits et devinrent également des bodhisattvas établis dans les dix terres. Tous ces bodhisattvas s'élevèrent alors dans les airs à une hauteur de sept palmiers et offrirent à Celui-ainsi-allé des palais composés des sept substances précieuses. Ils déployèrent aussi différentes émanations miraculeuses et accomplirent des actes montrant leurs pouvoirs surnaturels. Puis, se tenant au-dessus de la tête du Vainqueur Transcendant, ils honorèrent Celuiainsi- allé en lui lançant des fleurs variées et le contemplèrent. Ils perçurent un éveillé au sein de leur propre corps. Des centaines de milliards de fils de dieux déversèrent aussi des fleurs sur Celui-ainsi-allé et prononcèrent des mots comme : " Gautama l'ascète a une grande obtention, il est un grand champ, un protecteur du monde. Il a atteint le pouvoir du samadhi. Il est un maître dont le but est de faire naître d'autres maîtres. Grâce à ses moyens habiles, il délivre graduellement et complètement du cycle des existences, les êtres comme ceux-ci. En prononçant une seule parole excellente, il libère quantité d'êtres du cycle des existences." Alors, le bodhisattva, le grand être Bhaishajya-séna se leva de son siège, remonta sa robe supérieure sur une épaule, plaça le genou droit au sol et, s'inclinant les mains jointes devant le Vainqueur Transcendant, il s'adressa à lui : - Pourquoi ces fils célestes prononcent-ils de telles paroles, accomplissentils tous ces miracles montrant leurs pouvoirs surnaturels et adressent-ils tant d'éloges au Vainqueur Transcendant ? Quelle en est la cause ? - Fils de la lignée, écoute ! dit le Vainqueur Transcendant. Ils ne font pas mon éloge, mais celui de leur propre corps qu'ils installeront sur le trône sacré de la Doctrine. Les rayons de la Doctrine émaneront de leurs corps et tous les éveillés les soutiendront afin qu'ils réalisent l'éveil insurpassable et pleinement 40 accompli. Une fois qu'ils auront obtenu l'éveil insurpassable et pleinement accompli, ils exposeront la Doctrine. Le bodhisattva, le grand être Bhaishajya-séna, s'adressa au Vainqueur Transcendant : - Jour et nuit, Celui-ainsi-allé, le Bienheureux libère totalement de nombreux d'êtres. Pourtant, les êtres n'ont toujours pas cessé.


- Excellent, Bhaishajya-séna, il est excellent que tu aies pensé à questionner Celui-ainsi-allé sur ce sujet. Écoute Bhaishajya-séna, il en est ainsi : prenons l'exemple d'un homme opulent qui possède grands biens et richesses, une grande fortune, des grains, coffres et greniers, de nombreuses gens, servants, servantes et ouvriers. En plus de ses nombreuses ressources, il possède aussi une kyrielle de champs et de jardins riches en céréales - orge, blé, riz - lentilles, fèves et bien d'autres. Au printemps, cet homme sème toutes ces graines, qui mûrissent pleinement à la saison suivante. Une fois arrivée à pleine maturité, la récolte est moissonnée. Cet homme prend les grains, les engrange séparément, les consomme et en sème encore au printemps. Semblablement, Bhaishajya-séna, les êtres épuisent tout le karma des actions passées et recherche des champs de mérites pour y produire des racines de bien. Après les avoir produites, ils pratiquent la vertueuse Doctrine avec sincérité. Développant tous les enseignements, Ils font naître la joie et le contentement dans l'esprit. Bhaishajya-séna, grâce à cette joie et ce contentement qu'ils font naître dans l'esprit, ils ne déclineront pas pendant des milliards d'âges. Ainsi, Bhaishajyaséna, un bodhisattva qui a engendré initialement l'aspiration à l'éveil ne connaîtra pas le déclin. En bref, il réalisera tous les enseignements. - Vainqueur Transcendant, dans ses rêves, que perçoit le bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale à l'éveil ? - Bhaishajya-séna, le bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale perçoit de nombreuses choses effrayantes dans ses rêves. Pourquoi cela ? Parce qu'il se purifie de tout son karma. Bhaishajya-séna, les êtres vivants qui ont un mauvais karma ne peuvent pas éliminer les pénibles souffrances qui les affligent. Tandis que celui-là ne craint pas un mauvais rêve. - Vainqueur Transcendant, quelles choses effrayantes un bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale à l'éveil perçoit-il dans ses rêves ? - Bhaishajya-séna, voyant un brasier, le bodhisattva doit penser : " Toutes les perturbations sont brûlées !" Deuxièmement, Bhaishajya-séna, même s'il voit l'eau se soulever dans un grand tourbillon, le bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale ne doit pas avoir peur. Pourquoi cela ? Parce qu'ayant éliminé toutes les chaînes de l'ignorance, Bhaishajya-séna, ce bodhisattva s'est purifié de tout le mal. Troisièmement, Bhaishajya-séna, le bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale à l'éveil, verra des choses très effrayantes dans ses rêves. - Lesquelles, Vainqueur Transcendant ? 41 - Bien qu'il voie son crâne rasé, cela ne lui fait pas peur. Pourquoi cela ? Parce qu'il pense : "Attachement, aversion et ignorance ont été rasés. J'ai triomphé du samsara et de ses six destinées". Ainsi, il ne demeurera plus dans l'un des enfers, ni parmi les animaux, ni parmi les esprits avides, ni parmi les dieux jaloux, ni parmi les esprits serpents et ni parmi les dieux. Bhaishajya-séna, le bodhisattva qui a engendré l'aspiration initiale à l'éveil renaît dans les champs purs des éveillés. Bhaishajya-séna, plus tard, à une époque ultérieure, si une personne dédie son esprit à l'éveil, elle devra être considérée comme quelqu'un qui a un grand engagement et, même si on la méprise, elle ne devra pas céder au découragement ni se sentir abattue. Bhaishajya-séna, j'ai donné de nombreux enseignements. Pendant des centaines de milliers de millions de myriades de périodes cosmiques, j'ai pratiqué ce qui était difficile. Bhaishajya-séna, je n'ai pas enduré ces épreuves pour devenir riche, ni pour jouir des plaisirs de la vie, ni pour goûter au pouvoir. Bhaishajya-séna, j'ai enduré ces épreuves pour comprendre la nature des phénomènes. Mais, avant d'avoir entendu ce Sanghata soutra, jusqu'à ce moment, je n'avais pas atteint l'éveil insurpassable et parfaitement accompli. Mais, dès que j'ai entendu ce Sanghata soutra, expression de la Doctrine, ce jour-là, j'ai réalisé l'éveil insurpassable et parfaitement accompli. Bhaishajyaséna, profonde est cette expression de la Doctrine. Rare à entendre est cette expression de la Doctrine. Bhaishajya-séna, suprêmement rare est aussi l'avènement des ainsi-allés. Bhaishajya-séna, suprêmement rares sont ceux qui retiennent cette expression de la Doctrine.


Tous ceux qui entendent cette expression de la Doctrine réaliseront l'éveil insurpassable et parfaitement accompli. Bhaishajya-séna, pendant mille périodes cosmiques, ils iront dans l'audelà des peines et accéderont à la terre de bouddha parfaitement pure. Ils réaliseront aussi la cessation et la voie. Ils seront parfaitement à même de réaliser la source. Ils seront alors parfaitement à même de réaliser le support du bien. Ils seront parfaitement à même de réaliser directement et pleinement le support du bien. Ils seront parfaitement à même de réaliser le support du bien et la cessation. Bhaishajya-séna, qu'est-ce que la " cessation" ? - Vainqueur Transcendant, c'est " le support de la Doctrine". - Bhaishajya-séna, qu'est-ce que "le support de la Doctrine" ? - Vainqueur Transcendant, la Doctrine est la persévérance enthousiaste, la protection de l'éthique, la possession de la moralité. C'est un trésor de Doctrine. Vainqueur Transcendant, c'est l'avènement d'un trésor de Doctrine. -Excellent, Bhaishajya-séna, il est excellent que tu aies pensé à questionner Celui-ainsi-allé sur ce sujet. -Vainqueur Transcendant, pour quelle raison ceux-ainsi-allés apparaissentils dans le monde ? 42 - Bhaishajya-séna, ceux qui ont beaucoup étudié et possèdent un vaste savoir connaissent l'apparition des ainsi-allés. Connaissant l'apparition des ainsiallés, ils savent qu'elle est source de bonheur. Lorsque ceux-ainsi-allés apparaissent dans le monde, les êtres connaissent toutes les Doctrines. Grâce à d'habiles moyens, ils comprennent la Doctrine et connaissent les phénomènes mondains et supra mondains. Ils connaissent la sagesse mondaine et supra mondaine. - Ayant acquis la sagesse, comment comprennent-ils le nirvana ? - Bhaishajya-séna, après avoir pleinement compris la Doctrine, ils connaissent pleinement les phénomènes. Bhaishajya-séna, une fois qu'ils ont pleinement compris la sainte Doctrine de façon condensée, le premier accomplissement apparaît. Retenant la Doctrine telle qu'ils l'ont entendue, ils en viennent à détenir la Doctrine. Bhaishajya-séna, prenons un exemple. Suppose qu'un marchand ait pris avec lui autant d'or que mille hommes peuvent porter et parte en voyage pour le faire fructifier. Au moment du départ, ses parents lui disent : "Fils, écoute ! Avec ton or, transporte aussi cette charge de mille pièces d'or qui appartiennent à autrui et prends en soin." Le fils emmena toute la cargaison et, un mois plus tard, il avait tout gaspillé. Face à cette perte, l'homme se mit à réfléchir et se sentit misérable. Consterné, honteux, le coeur transpercé de douleur, il n'osait plus rentrer chez lui. Apprenant la nouvelle, ses parents sombrèrent dans le désespoir. Le coeur transpercé de chagrin, déchirant leurs vêtements, ils se lamentaient en gémissant : "Cet enfant né dans notre maison est un mauvais fils. Il a ruiné notre foyer, nous privant de tous moyens de subvenir à nous-mêmes. Il nous a été d'aucune utilité et nous a fait souffrir. Il nous a réduits au travail de serviteurs." Ainsi se lamentèrent les parents. Désespérés, les parents de cet homme moururent. Lorsque le fils apprit que ses parents étaient morts de chagrin, il mourut lui aussi désespéré. Ainsi, Bhaishajya-séna, bien que Celui-ainsi-allé explique tout cela, ceux qui n'ont pas confiance en mes enseignements, au moment de la mort seront tourmentés et mourront le coeur transpercé de chagrin. Tout comme ces parents qui, désespérés d'avoir perdu de l'or - le leur et celui d'autrui -, pleuraient, se lamentaient, le coeur transpercé de chagrin, ainsi, Bhaishajya-séna, ceux qui n'ont pas foi dans mes enseignements, au moment de la mort seront accablés de détresse et se lamenteront. Ressentant une grande peine, ils auront gâché les mérites qu'ils avaient engendrés antérieurement et n'en créeront pas de nouveaux qui les relient à un champ favorable. Au moment où le chagrin leur transperce le coeur, voyant les interminables et terrifiantes naissances dans les enfers, les matrices animales et le monde de Yama, au moment de la mort leur viendra cette pensée: " Qui me protégera et ôtera de ma vue les contrées des enfers, des animaux, des esprits avides et du royaume de Yama, pour que je ne connaisse pas leurs terribles souffrances ?" Ses parents diront : 43 - Mon enfant, la grande peur de la maladie Ne veut pas s'en aller. Que pouvons-nous faire ? Ceux qui vont mourir ont peur de la maladie. Pourtant, mon fils, dans ton cas, la mort n'est pas. Tu seras libéré De la peur et de la terreur de la maladie.


Le fils : - Ma conscience s'achève, Mon corps est en piteux état, Tous mes membres sont meurtris. Je me vois mourir. Mes yeux sont aveugles Et mes oreilles sont sourdes. Plus jamais je ne sentirai. Mon corps ne résiste plus. Tous mes membres me font mal. Comme un morceau de bois, je suis sans âme. Dis-moi que la mort ne vient pas. Ma mère, console-moi. La mère : - Mon fils, je t'en prie, ne parle pas ainsi. Ne m'inflige pas tant de peur. Ton corps gagné par la fièvre Te fait voir toutes sortes de choses. Le fils : - Pourtant, en mon corps, je ne perçois ni fièvre, Ni maladie, ni douleur. Je vois de la mort les redoutables attaques, Ce corps tant chéri sera anéanti. Maintenant que j'ai vu tout mon corps Accablé de souffrance. 44 En qui trouverai-je refuge ? Qui sera mon sauveur ? Les parents : - Fils, un dieu a sans doute Voulu te punir. Nous lui ferons une offrande Et il te pardonnera. Le fils : Faites, je vous en prie, Tout ce qui pourra me guérir. Allez de ce pas Consulter le prêtre ! Les parents se présentèrent devant l'autel de ce dieu avec de l'encens. Le prêtre offrit l'encens et dit : - Dieu est en colère contre vous. Vous devez l'honorer et accomplir un sacrifice. Il vous faut immoler un animal de votre cheptel ainsi qu'un homme, et votre fils sera guéri. - Qu'allons-nous faire ? se demandèrent les parents. Nous sommes si pauvres. Si ce dieu n'est pas satisfait, notre fils mourra. Si nous apaisons sa colère, nous serons exaucés. Mais, pauvres comme nous sommes, où allons-nous trouver un animal et une personne ? Pris par ces pensées, ils se précipitèrent chez eux et vendirent le peu qu'ils possédaient pour acheter une bête. Puis ils allèrent trouver quelqu'un et demandèrent à cet homme : - Pourriez-vous nous prêter de l'or ? Nous vous le rendrons dans dix jours. Si nous n'y parvenons pas, nous nous mettrons à votre service et travaillerons pour vous. Ils prirent l'or et partirent acheter une victime humaine. Ils achetèrent un homme qui ne savait pas qu'on allait lui prendre la vie. Obscurcis, les parents ne retournèrent pas chez eux, mais se rendirent aussitôt devant l'autel et dirent au prêtre : - Hâtez-vous d'accomplir la cérémonie ! Les parents se chargèrent d'immoler l'animal et l'homme. Le prêtre attisa le feu pour le sacrifice et le dieu descendit. - J'ai accepté votre fils, déclara-t-il. Transportés de joie, ivres de bonheur, les parents déclarèrent : Mon corps ne résiste plus. Tous mes membres me font mal. Comme un morceau de bois, je suis sans âme. Dis-moi que la mort ne vient pas. Ma mère, console-moi. La mère : - Mon fils, je t'en prie, ne parle pas ainsi. Ne m'inflige pas tant de peur. Ton corps gagné par la fièvre Te fait voir toutes sortes de choses. Le fils : - Pourtant, en mon corps, je ne perçois ni fièvre, Ni maladie, ni douleur. Je vois de la mort les redoutables attaques, Ce corps tant chéri sera anéanti. Maintenant que j'ai vu tout mon corps Accablé de souffrance. 44 En qui trouverai-je refuge ? Qui sera mon sauveur ? Les parents : - Fils, un dieu a sans doute Voulu te punir. Nous lui ferons une offrande Et il te pardonnera. Le fils : Faites, je vous en prie, Tout ce qui pourra me guérir. Allez de ce pas Consulter le prêtre ! Les parents se présentèrent devant l'autel de ce dieu avec de l'encens. Le prêtre offrit l'encens et dit : - Dieu est en colère contre vous. Vous devez l'honorer et accomplir un sacrifice. Il vous faut immoler un animal de votre cheptel ainsi qu'un homme, et votre fils sera guéri. - Qu'allons-nous faire ? se demandèrent les parents. Nous sommes si pauvres. Si ce dieu n'est pas satisfait, notre fils mourra. Si nous apaisons sa colère, nous serons exaucés. Mais, pauvres comme nous sommes, où allons-nous trouver un animal et une personne ? Pris par ces pensées, ils se précipitèrent chez eux et vendirent le peu qu'ils possédaient pour acheter une bête. Puis ils allèrent trouver quelqu'un et demandèrent à cet homme : - Pourriez-vous nous prêter de l'or ? Nous vous le rendrons dans dix jours. Si nous n'y parvenons pas, nous nous mettrons à votre service et travaillerons pour vous.



<chapitre 8>
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