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"Je ne peux plus apercevoir le Seigneur. J'aurais cependant souhaité le revoir une dernière fois pour lui rendre hommage avant qu'il ne soit brûlé. Puissé-je apercevoir au moins ses pieds une dernière fois!" A cet instant même les pieds du bouddha défunt passèrent au travers des cinq cent couches de tissu et ducerceuil d'or clos. Comme si la matière solide de cet or était du mercure liquide sans consistance! Puis ils vînrent se poser sur la tête inclinée du grand moine. Le vénérable Maha Kassapa se prosterna respectueusement devant les pieds du bouddha emergeants de la paroi d'or du cerceuil clos et scellé. Appliquant ses mains sur les pieds il les posa sur son visage et sa tête. Les cinq cents disciples présents eurent ainsi l'occasion de lui rendre semblablement hommage. Et en voyant ce fait extraordinaire les gens furent remplis de joie et de dévotion.
Quand tout le monde eut terminé d'honorer la dépouille mortelle, les pieds se résorbèrent d'eux-même dans la paroi du cerceuil et reprirent leur place à l'interieur de celui-ci. Le bûcher s'enflamma alors de lui-même sans qu'il fut nécessaire de l'allumer.
Dans les cendres à l'intérieur du cerceuil ne subsistèrent que les reliques du bouddha intactes: ses quatre canines, ses deux clavicules, l'os crânien du front et des perles de trois tailles. Certaines étaient grandes comme des pois, d'autres comme des grains de riz et d'autre comme des grains de sésame
[ces perles reliques ont la propriété de se multiplier à l'infini et émettent un rayonnement dans cinq couleurs aux la propriétés miraculeuses: guérison des maladies ou réalisation des voeux]. Lorsque les reliques furent extraites, les gens purent leur rendre hommage sept jours durant. Ensuite les moines organisèrent leur partage entre monarques et dieux.

Puis les moines decidèrent de réunir le premier concile trois mois après la mort du bouddha, au royaume de Rajagaha. Le vénérable Maha Kassapa sélectionna 499 moines Araths accomplis; évinçant ainsi le Vénérable Ananda, qu'il aurait pourtant voulu faire participer au concile, car Ananda bien que cousin et proche du bouddha n'était toujour pas parvenu à l'état d'Arath.


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Il craignait qu'on lui en fît des reproches. Et en effet les autres moines lui enjoignirent de le prendre néanmoins, argumentant en faveur d"Ananda: "Le vénérable Ananda connait la parole de Bouddha mieux que quiconque: sélectionnez-le!" Le vénérable Maha Kassapa accepta avec joie. Il réunit la communauté des moines et décréta , selon la procédure en accord avec les règles monastiques "Vénérables! A présent, les moines qui vont participer au concile ont été sélectionnés. Que les autres moines ne demeurent pas à Rajagaha pour passer la saison des pluies".
Comme il restait encore quelque temps avant le concile le vénérable Ananda se rendit à Savatti. Lorsque les gens le virent arriver seul, lui qui habituellement ne quittait jamais le Bouddha, ils prirent conscience de la réelle disparition de Bouddha. Nombreux furent ceux qui se mirent à pleurer. Le vénérable les consola en leur délivrant un enseignement, avant d'aller s'isoler pour pleurer à son tour. Lorsque un dieu gardien du monastère le vit pleurer, il lui dit:
"Vénérable! Si vous qui êtes un sotapana
[Celui qui à réalisé le premier des quatre stades correspondant aux quatre types d'Arath (entré dans le courant des enseignement du dharma et les ayant mis en pratique il a pu ainsi éradiquer les obscurcissements de base tels que la croyance en l'existence d'une entité propre). Par conséquent il ne peut plus renaître dans les mondes inférieurs. Au bout de sept renaissances dans les mondes supérieurs il pourra accéder au parinirvana] Si vous vous mettez à pleurer, qu'en sera-t-il des êtres ordinaires (ne pratiquant pas le dharma et sans réalisation spirituelle)? Cessez donc de vous laisser aller!"
Honteux, le vénérable Ananda finit par se ressaisir. Peu avant le concile il retourna à Rajagaha, à la pleine lune du mois de juillet. Le vénérable Maha Kassapa réunit les cinq cent moines sélectionnés pour le concile. Dès que le roi Ajatasatu fut averti il demanda : " - Que puis-je faire pour vous aider?
- Nous avons besoin d'un grand abri sous lequel nous réunir." Le lieu fut choisi et tout de suite débuta la construction. Le roi s'assura en personne du bon déroulement de la construction. Une fois l'abri achevé, peu de temps après la pleine lune du mois d'août, on y inaugura le tout premier concile de l'histoire du bouddhisme.


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A la veille de l'inauguration, le vénérable Ananda était le seul qui ne soit pas encore parvenu à l'état complet d'arath: il n'avait atteint que le niveau de base, mais incomplet, de ceux qui reviennent 7 fois encore dans les mondes supérieurs. Pour le motiver à réaliser au plus vite l'état d'arath, les moines lui disaient sans s'adresser à lui directement mais à haute voix pour qu'il entende: "Certains ici se promènent dans les environs avec leurs obscurcissements mentaux comme la fleur avec son parfum. Pas besoin de dire qui!"
Entendant celà le vénérable Ananda décida de s'efforcer ardemment à la méditation contemplative dans la vision lucide et directe de la réalité. Alternant les postures assises et les marches il s'entraîna toute la journée à l'observation attentive des phénomènes physiques et mentaux; il se demandait pourquoi il ne parvenait toujours pas au stade d'arath, alors que Bouddha lui-même lui avait précisé qu'il était près d'y parvenir grâce au parachevement ultime des mérites accumullés dans ses nombreuse vies, fruit de ses pratiques vertueuses. Il ne relâcha pas ses efforts.
Alors qu'au milieu de la nuit la fatigue commencait à se faire fortement ressentir, il éprouva le besoin de se reposer. Parvenu devant sa couche il décida bien qu'il fut épuisé d'observer la posture debout - clairement, lentement - ainsi que tous les mouvements du corps dans la procédure d'abaissement et d'allongement, pour s'étendre sur la couche. Avant même que sa tête et ses pieds n'entrent en contact avec la couche son esprit expérimenta successivement les états:
sakadami: celui qui ne revient qu'une fois
anagami:celui qui ne revient plus ni dans ce monde ni dans aucun autre.
Et finalement l'état d'Arath: sainteté libérée totalement de tout attachement corporel ou mental, libérée de l'illusion de posséder un soi propre et libérée de toute souffrance. Il devînt par la même occasion le seul être qui ait atteint le stade d'arath en dehors des Quatres Postures Traditionnelles: en marche, debout, assise et coucher.
Quand il prit son repas du matin, tous les moines déjà réunis sous l'abri étaient prêts à commencer le concile et n'attendaient que lui. Certain remarquèrent la place innoccupèe:
" - Cette place, à qui est-elle?
- C'est la place du vénérable Ananda.
- Où est-il? " A cet instant émergea de dessous la terre, comme une plante qui pousse, le vénérable Ananda qui apparut à l'endroit exact de sa place. Le teint clair, l'apparence majestueuse et le visage lumineux. Tout le monde comprit donc qu'il était parvenu à l'état d'Arath. Heureux, tous s'écrièrent:
" Excellent! Excellent! Excellent!"


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Lors de ce concile, le vénérable Maha Kassapa posait les questions concernant les trois corbeilles ( integralité de l'enseignement de Bouddha.
Le vénérable Upali répondait aux questions en rapport avec: la dicipline monastique, les règles de conduite des moines et l'éthique générale pour moines et laïcs. L'enseignement qui offre les moyens de suivre la voie du milieu et d'y demeurer (vinaya). Le vénérable Ananda répondait aux questions en rapport avec l'étude des enseignements donnés par Bouddha, les discours et les dialogues avec ce dernier ou ses disciples proches (suttanta); le vénérable Ananda répondait également aux questions sur l'Abhidharma (étude de la réalitè, science de la realitè: partie théorique des enseignements de Bouddha, exposant la description de tout ce qui constitue la réalité ainsi que toutes les consciences du mental, l'étude de l'esprit.
Chaque fois qu'une corbeille était achevée, les cinq cents moines la récitaient tous en choeur, afin de s'assurer d'être en parfait accord avec sa validité. Le concile dura sept mois. Par la suite d'autre ont suivi.

Ainsi se perpétuent jusqu'à nos jours les enseignements de Bouddha ne sont pas devenus lettre morte mais sont paroles bien vivantes.
Cette histoire de la vie du Bouddha n'a pas de fin, de même le Bouddha éternel n'est jamais mort et ne mourra jamais! Aujourd'hui encore est chaque jour prononcé par des millions de bouddhistes le nom de Bouddha.
Son esprit est éternel, son nom est éternel, ses enseignement également!.
Gloire au Bouddha Shakyamuni Shidarta Gautama et à ses enseignements!



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